Qui sommes-nous ? Sommes-nous vraiment Camerounais ?
Ces deux questions, apparemment simples, résonnent comme un appel à l’intime. Elles sont plus qu’une interrogation : elles sont un défi lancé à notre conscience collective. Être Camerounais n’est pas un état civil, c’est une identité vécue, une responsabilité assumée, un héritage à défendre.
Être Camerounais, ce n’est pas seulement naître sur ce sol béni. C’est porter en soi une histoire marquée par la sueur et le sang, c’est marcher dans la continuité d’un destin commun, c’est reconnaître dans notre diversité non pas une fracture, mais une force. Car nos langues, nos cultures, nos croyances multiples sont le ciment d’une nation qui se veut fière, résiliente et unie.
Dans cette quête d’identité et de sens, une figure s’impose : l’Ancien Combattant.
Il n’est pas seulement le témoin d’un passé héroïque : il est la mémoire vivante d’un peuple et le gardien silencieux de notre unité nationale. Ces hommes et ces femmes ont connu la rudesse des combats, le froid des nuits de veille, la peur et le manque. Mais ils ont aussi incarné la discipline, la fraternité et le sens du devoir. Grâce à leur engagement, souvent dans l’ombre, nous avons hérité d’un pays debout, souverain et en paix.
L’Ancien Combattant nous apprend une vérité essentielle : l’identité nationale ne se proclame pas, elle se construit et se mérite. Elle s’écrit dans les actes, dans la loyauté envers le drapeau, dans la solidarité avec son frère, dans l’amour de la patrie. Ses récits, empreints de sacrifices et de fraternité, ne sont pas de simples souvenirs : ils sont des leçons vivantes adressées à la jeunesse.
Alors, jeunesse camerounaise, la vraie question est devant toi :
Saurez-vous, comme eux, mettre l’intérêt du Cameroun au-dessus de vos intérêts personnels ?
Défendrez-vous avec fierté notre patrimoine, nos symboles, notre hymne, ou les laisserez-vous s’effacer dans l’indifférence ?
Êtes-vous prêts à incarner dans vos gestes quotidiens les valeurs de justice, de paix, de solidarité et de vivre-ensemble qu’ils ont protégées au prix du sacrifice ?
Être Camerounais, c’est un choix quotidien.
C’est choisir la paix plutôt que la division, l’effort plutôt que la facilité, la fraternité plutôt que l’égoïsme. C’est prolonger, par un combat moral et citoyen, l’œuvre des Anciens Combattants : respecter la loi, protéger la patrie, cultiver l’unité, transmettre l’amour du pays aux générations futures.
Oui, nous sommes les héritiers d’un combat. Nous sommes les gardiens d’une mémoire. Nous sommes les architectes d’un avenir qui dépend de notre capacité à rester unis.
La voix de l’Ancien Combattant nous le rappelle avec force : l’identité nationale n’est pas un simple héritage, elle est une flamme. Une flamme qu’il nous revient d’alimenter, non par les armes, mais par la conscience, l’effort, le travail et l’action citoyenne.
Alors, Camerounaises, Camerounais, levons-nous : soyons dignes de nos Anciens Combattants, soyons dignes du Cameroun.
Colonel ® Alfred FULLER
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